Eh oui ! SEUL...

Publié le par Maky

C'est beau la Normandie quand la pluie prend le train et qu'il y a grève !

Oui, mon père était issu d'une famille dépourvue de tout, oui, mon père n'a pas connu sa mère, elle est morte en le mettant au monde, oui, mon père était le benjamin d'une fratrie de 7, oui, c'est une de ses sœurs qui l'a élevé.
Une famille de verriers, durs à la tâche, il a travaillé une grande partie de sa vie en 3 x 8 continu, c'est à dire 4 heures/12 heures - 12 heures/20 heures - 20 heures/4 heures, jours fériés et fêtes…
Mais, je ne l'ai pas connu malheureux, je ne l'ai pas connu dépressif, je l'ai connu combatif, positif, homme.
Il a milité auprès des syndicats, auprès des partis politiques, il a défilé, il a manifesté.
Oserais - je écrire qu'il ne connaissait pas son bonheur…

Il a voulu que son fils ait une meilleure situation que lui, ce fut fait, il en était fier, moi aussi.
Je l'en remercie, lui et ma mère se sont privés pour ça, tous les jours j'y pense.

Mais que dirait-il aujourd'hui ?

Certes, pour ceux qui se sont hissés d'un cran ou deux même, la pénibilité purement physique n'existe pas…Est-ce là la panacée ?

Je regarde ce soir un téléfilm sur la 2 : "SEULE" interprété magistralement par Barbara Schulz.
Une multinationale où elle travaille, ainsi que son mari. Ils sont cadres, ils sont sous pression, ils ont des objectifs, il est en compétition avec un de ses collègues pour prendre la direction d'une filiale en Tchéquie, il ne partage plus grand chose avec son épouse tellement il est tendu et se remet en cause…Ce matin là ils arrivent ensemble, se séparent pour rejoindre leurs bureaux respectifs, le midi elle déjeune au restaurant d'entreprise, on vient la chercher…son mari s'est défenestré.
Et là…ELLE EST SEULE !
Les instances judiciaires, administratives, l'entreprise elle-même remettent en cause les raisons et s'orientent sur des différends familiaux qui, sans doute l'auront poussé à ce geste de désespoir…

Alors oui, papa, tu ne connaissais pas ton bonheur que de te battre en faisant grève, en y allant même, pourquoi pas du coup de poing avec les "jaunes"…
Toi tu travaillais avec des hommes.

Aujourd'hui, le sourire mielleux d'un collègue présage fort d'un coup tordu, alors que tu pourrais interpréter cette attention pour de la pure sympathie.
Mes dernières années de travail m'ont été réellement pénibles, tant les orientations de la direction allaient à contre sens de la bonne politique.
J'ai essayé de comprendre, de convaincre avec toujours l'assentiment de mes interlocuteurs, qui le dos tourné, faisaient l'inverse…
Alors, je me suis mis en colère, je leur ai dit ce que je pensais de leur méthode, que j'avais enfin compris !
Obtenir des résultats financiers à court terme pour rassurer les actionnaires.
Ah ! j'oubliais de dire…le management : Anglais et Américain !
La fine fleur des opportunistes, arrivistes et incompétents (Plusieurs prix Nobel à eux seuls, dans leur spécialité !!!)
Ils cassèrent une structure Française sous couvert d'économie, en dégradant le produit, licenciements et sur la lancée même régime en Hollande, Allemagne.
L'Espagne et l'Italie y échappèrent, l'élite s'étant rendu compte du massacre !
Money, money, money…le maître mot de ces tordus.

Oui, le stress existe bien, oui, la remise en cause de ses compétences renaît tous les matins…
Alors oui, c'est possible de se suicider, car ces méthodes insidieuses, vicieuses détruisent, d'autant que les collègues par ignorance, bêtise ou envie s'associent malgré eux à cette destruction.
Je hais ces gens, je leur souhaite tout le mal possible sur cette terre, car au bout du bout…(Voir la crise actuelle) certains de ces salopards vont y passer aussi.
Alors, leur carton sous le bras en bas de l'escalator…entre nous je m'en contre fous.

Je te le dis papa, mieux vaut avoir un fort des halles en face de soi qu'un malingre derrière…

PS : Un de nos patrons anglais déclara le jour de sa retraite :
- Je vous remercie, vous m'avez fait gagner beaucoup d'argent !!!
Six mois après il mourait d'un crise cardiaque…Youpi !

06/11/2008
NB : La connaissance des choses, l'instruction, la formation n'y font rien.
Contre une cabale montée et organisée pour la destruction d'un homme, il y a bien peu de solution hormis la solidarité.
Mon exemple n'en n'est pas un, je frisais les 60 ans, je savais que je pouvais partir en retraite, j'en ai profité pour les emmerder...ils m'ont pourtant demandé de partir pour une retraite "paisible, réparatrice..."
Je suis encore resté une année...regarder une entreprise mourir ! maso ? Même pas.
S'entendre dire par nos clients :
- Mais qu'est-ce qui se passe ? Vous voulez vous saborder...
C'est dur, c'est très dur.
Je lis déjà au travers vos commentaires que je ne suis pas le seul à avoir vécu cette déchéance !
Pour les plus jeunes qui subissent que dire ?
Mettre un contrat sur la tête du boss ? c'est peut-être ce qui se passera dans le futur.
Plutôt que de faire une révolution "prout-prout" style Mai 68, c'est peut-être un nouvel échafaud qu'il faudra dresser place de Grève...ça changera de la patinoire !
Le corps est plus solide que l'esprit, les apprentis sorciers l'ont bien compris...ils s'attaquent maintenant au plus faible.
Merci à vous

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samantdi 12/11/2008 21:22

Comme les autres commentateurs, ce billet me parle beaucoup... Dire que nous pensions aller vers du mieux, pour les plus jeunes, alors que nous connaissons un recul de tous les acquis. Mais pire que tout, je déplore le manque de solidarité, les gens dans la rue, la misère, et en haut les uns qui se gavent ... Sortirons-nous de cette impasse ? Comment ?
Je ne crois pas à la fin du capitalisme, mais si seulement nous étions capables de remettre l'homme et non l'argent et la rapacité au centre de nos préoccupations !

Maky 13/11/2008 01:16


Oui, la nature humaine est ainsi faite, que l'individualisme règne en maître...
Nous faut-il comme nos parents avoir faim, pour qu'à nouveau nous nous serrions les coudes ?
C'est sans doute pour cette raison que le système fait en sorte de tenir le niveau de l'eau au niveau du menton, juste comme il faut pour que la rue ne réagisse pas.


lilounette 11/11/2008 15:01

Je comprends ton coup de gueule mais dans tout cela le pire n'est-il pas pour nos enfants ?
Foutaise et merde , on marche dedans ,les miens ont trinqué aussi et à l'âge de la retraite ( je n'ai pas 70 ans) , tout juste 60, je galère avec une maladie qui m'est tombée dessus et profite au minimum ...alors !

Maky 11/11/2008 23:36


C'est bien pour cela que je souhaite que les jeunes actifs ne se laissent pas embobiner.
Et que nous...restions vigilants.
Descendre dans la rue, ce n'est pas un problème pour moi.
Bise


Boutoucoat 07/11/2008 23:54

Je descends dans la rue encore demain pour défendre un service d' urgence qui menace de disparaître ( tout fout le camp ).Mais, pourquoi sommes-nous si peu nombreux à se bouger ?
J' ai travaillé dur physiquement et très jeune comme ton père, en 2/8 et comme lui, j' ai voulu donné un peu plus d' instruction à mes enfants . Depuis une semaine, je suis chez l' un ( je rentre demain ) pour garde et quand je vois le soir dans quel état de fatigue rentre ma fille et quelle doit encore après le couchage des enfants se connecter à sa société ( très grande multinationnale )mon inquiétude grandit pour leur avenir . Ceux qui ont la chance d' avoir un travail , tiendront-ils ? et que dire pour ceux qui n' en ont pas . Je suis très en colère de voir que tout ce à quoi nous avons cru et pourquoi nous avons lutté est en voie de disparition . La liste est déjà longue ....
Il faut quitter notre clavier et manifester nos désaccords....
Merci pour cet article .

Maky 08/11/2008 12:50


La racaille n'est pas en banlieue, contrairement à ce que certains aveugles déclarent...
Descendre, oui...mais je me demande si j'aurai suffisamment de self contrôle pour éviter les embrouilles !
Merci de ton passage, bon dimanche breton !


liliplume 07/11/2008 21:40

j'ai lu ta réponse : ce n'est pas un patron classique du tout.

Maky 08/11/2008 12:33


Mais il n'est pas seul, je peux te le promettre...
Bon dimanche Liliplume


Fanzesca 07/11/2008 20:29

Tu es en rogne, moi aussi, et je suis contente de te lire ce soir.
Tu dis "dont moi, et qu'est-ce que j'ai fait ? RIEN!"
Mais que veux-tu faire, sinon tenter de garder la tête hors de l'eau pour ne pas crever. Quand on en aura plein le nez et les oreilles on sortira dans la rue, on se tiendra peut-être les coudes, mais pas avant, j'en suis certaine.
Pour lutter contre le pouvoir de l'argent, il faut ne plus rien avoir à perdre, et on n'en est pas encore là, même si ça vient très vite.
Merci Maky

Maky 08/11/2008 12:32


Je suis tout en accord avec toi, effectivement il ne faut plus rien avoir à perdre...
Et si jour devait arriver, alors il faut massacrer.
Bise